Je suis tombé par hasard sur un article (en anglais) de Seth Godin, sans doute l’un des blogueurs les plus connus de la blogosphère anglo-saxonne, traitant de finances personnelles.
Seth essaye de définir les cas dans lesquels les dettes (ou emprunts) peuvent être bénéfiques et donne le conseil suivant : n’empruntez que pour financer quelque chose qui prendra de la valeur, et cite en exemple le financement de son entreprise, de son logement ou de ses études. Si je suis d’accord avec l’idée, je voudrais relativiser un peu les exemples.
- Emprunter pour financier son entreprise : selon l’entreprise que vous créez ou possédez déjà, les cas de besoin de financement sont aussi variés que nombreux. Difficile de donner un avis général à ce sujet. Dans tous les cas, assurez-vous d’avoir étudié la rentabilité de votre projet avant de contracter un emprunt, surtout si vous vous lancez à peine dans l’aventure de la création d’entreprise.
- Emprunter pour financer son logement : il y a quelques années, l’opinion générale était que la valeur d’un bien immobilier, que ce soit une maison, un appartement, un terrain ou autre chose, ne pouvaient qu’augmenter et que la plus value sera là lors de la revente du bien. Ce qui était a priori une certitude n’était qu’en fait de la spéculation déguisée. La crise étant passée par là, en particulier la crise immobilière, certains investisseurs enregistrent des pertes colossales. En l’état actuel des choses, mieux vaut ne pas compter sur la plus value, mais plutôt sur les rentrées d’argent qu’un investissement immobilier peut générer, par exemple parce que vous habitez dans le logement et économisez ainsi un loyer, ou bien parce que vous louez ce logement. L’investissement locatif est d’ailleurs un sujet que j’essaierai d’aborder prochainement.
- Emprunter pour financer ses études : votre formation initiale et vos diplômes vont en général définir quels premiers emplois vous allez occuper. Et vos premiers emplois risquent bien de dessiner le reste de votre carrière. Gardez toutefois à l’esprit que vous rembourserez cet emprunt pendant plusieurs années après la fin de vos études.
Pour toutes les autres dépenses, je préfère payer cash. Si ce n’est pas possible immédiatement, je préfère attendre plusieurs mois, voire plusieurs années (dans le cas de l’achat d’une voiture par exemple) plutôt qu’emprunter et être de nouveau endetté pendant plusieurs années.
Emprunter pour gagner plus d’argent, c’est augmenter ses revenus à long terme. Augmenter ses revenus, c’est le premier moyen d’atteindre la liberté financière et de devenir riche !
Le mois dernier a eu lieu l’assemblée annuelle des actionnaires de Berkshire Hathaway. Ce meeting est surnommé le «Woodstock du capitalisme» en raison de l’affluence record et du rayonnement que les paroles de son directeur, le célèbre Warren Buffett. Celui-ci est d’ailleurs l’homme le plus riche du monde depuis 2008, sa fortune est estimée à 62 milliards de dollars. Rien que ça !
A l’occasion de cette assemblée, Tim Ferris a réussi à se faufiler parmi les 31,000 participants et à faire partie des 78 personnes qui pourront poser une question aux directeurs de la société, et en particulier à Warren Buffett. Il leur a posé la question suivante :
« Si vous aviez 30 ans et aucune personne à charge, mais un emploi à plein temps qui ne vous permet pas de suivre les marchés tous les jours, comment investiriez-vous votre premier million, en supposant que vous avez déjà une épargne de précaution équivalente à 18 mois de dépenses ?»
La réponse de Warren Buffet, en résumé :
« Je mettrais tout dans un fonds à frais réduits indexé sur le S&P 500 et je continuerais de travailler. [...] Les professionnels tirent des bénéfices énormes du système. Personne (parmi les conseillers financier, Ndr) ne vous conseillera les fonds indexés parce qu’ils n’en tirent aucun bénéfice. » (le S&P 500 est un des indices de référence du marché américain, similaire au CAC 40 en France, Ndr)
Je crois qu’on ne peut pas faire plus clair et plus direct ! Pour l’investisseur non professionnel, le secret de la fortune réside dans les fonds indexés, mais aussi dans l’investissement à long terme.
Maintenant que je me suis débarrassé de mes dettes, je pense de plus en plus à mes projets à plus long terme, en particulier l’achat d’une maison et la retraite. Ah le rêve ! Plus d’obligation de se lever tôt le matin, plus besoin d’aller au boulot, des week-ends de 7 jours, des vacances toute l’année ! Mais je n’ai pas l’intention d’attendre jusqu’à 65 ans pour ça, je compte bien en profiter le plus tôt possible, peut-être avant 50 ans ! Si vous en rêvez aussi, voici quelques conseils qui vous aideront à réaliser votre rêve.
Avant de faire des calculs et des plans financiers, il faut déjà commencer par vous demander ce que vous comptez faire de votre retraite. Voyager partout dans le monde et toute l’année ? Passer votre temps à la pêche ? Acheter une petite maison au milieu des bois et profiter de la nature ? Retaper et collectionner de vieilles voitures ? Ces projets ont des coûts très différents les uns des autres, c’est pourquoi il est essentiel de définir votre rêve avant de passer à la suite.
A partir de là, commencer à estimer le coût de votre rêve : ainsi votre rêve devient un projet. Renseignez-vous sur le prix de cette maison que vous voulez acheter, calculez les dépenses qui seront nécessaires, cherchez le prix du tour du monde dont vous avez envie, etc. Pour résumer : collectez un maximum d’informations sur les coûts engendrés par votre projet. Je vous conseille même de les mettre par écrit, car vous serez amené à réactualiser votre projet dans l’avenir.
Les autres étapes sont les mêmes pour tout le monde, je les avais d’ailleurs déjà évoquées précédemment :
- Surveillez vos dépenses : il n’y a pas de miracle, pour faire fortune il faut dépenser moins (et gagner plus)
- Epargnez beaucoup (et commencez le plus tôt possible) et laissez la magie des intérêts composés s’opérer.
- Investissez : je ne suis pas spécialiste, je préfère confier mon argent à des fonds d’investissement indexés (ceci fera l’objet d’un prochain article également).
- Prenez de la distance par rapport à la pression sociale : votre entourage (collègues, amis, famille) risque de ne pas comprendre votre mode de vie économe
- Gardez votre objectif en tête : savoir que vous partirez à la retraire avant tout le monde, ça ne vous motive pas, vous ?
Enfin, revenez régulièrement sur votre projet : actualisez les coûts (un billet d’avion ne coûtera pas le même pris dans 5 ou 10 ans par exemple), modifiez-le si nécessaire, adaptez-le aux changements de votre situation : changement d’emploi, déménagement, etc. Au fur et à mesure, votre projet sera de plus en plus précis et il sera d’autant plus facile à planifier !
Entre le 31 décembre 2007 et le 29 février 2008, le CAC40 a perdu plus de 14%. Dans le même temps, le DJ Euro Stoxx 50 a perdu plus de 15%. Si vous aviez investi 1,000 € il ne vous reste plus que 850 €. Pas étonnant que certains investisseurs cèdent à la panique et décident de tout vendre et tout oublier au plus vite ! Ces investisseurs ne voient que le risque créé par cette baisse des cours, mais ne se rendent pas compte qu’il s’agit là d’une belle opportunité ! En particulier si vous utilisez la méthode de l’investissement systématique.
En effet, l’investisseur qui continue d’acheter même en période de baisse des cours fera des gains intéressants lorsque les cours retrouveront leur niveau normal. Reprenons notre exemple et calculons ensemble. Vous avez investi 1,000 € le 31 décembre dans 100 actions à 10€ chacune. Le 29 février, vous avez donc 100 actions à 8.50€ chacune (baisse de 15% donc), soit 850€. Vous décidez de réinvestir 1,000€ et achetez donc 117 actions à 8.50€. Au total, vous possédez maintenant 227 actions., soit 1,844.50€
Au total, vous avez investi 2,000€. Maintenant, vous allez vouloir dans un premier temps retrouver vos 2,000€ dans votre portefeuille. Quel cours doit atteindre l’action pour que votre portefeuille de 217 actions vaille 2,000€ ? Une simple division : 2,000 : 217 = 9.22 soit une progression de 8% environ. Ca tombe bien, c’est la performance annuelle moyenne des marchés ! Donc au bout d’un an, vous vous retrouvez à votre point de départ et avez enregistré 0% de gain. Maintenant, supposons que les cours retrouvent leur niveau du 31 décembre 2007, date à laquelle vous aviez acheté vos 100 première actions à 10€ chacune : votre portefeuille vaudra alors 217 x 10 = 2,170€, un gain de 8.50%.
A mon avis, cette méthode de l’investissement systématique est vraiment la plus intéressante et la plus simple à mettre en œuvre pour un particulier. Elle évite les mauvaise surprise et devrait fournir une performance équivalente à celle du marché, surtout si l’investissement est basé sur des fonds indexés. Evidemment, il faut bien prendre en considération que cette méthode n’est bénéfique que sur le long terme : pas question ici de faire des plus values (ou des pertes) fracassantes tous les jours !
Pour gagner de l’argent grâce à un investissement en bourse, la recette est simple : il suffit d’acheter quand les prix sont bas et vendre quand ils sont hauts. Dans la pratique, il est impossible de savoir si les prix vont monter ou non, ou encore s’ils ont atteint leur niveaux le plus bas ou continuer à baisser. Il existe une solution simple qui permet d’être certain d’investir quand les prix sont bas : l’investissement systématique (on pourrait parler d’investissement automatique également), connu en anglais sous le nom de dollar cost averaging.
Il s’agit d’investir régulièrement la même somme d’argent dans un ensemble de valeurs diversifié. Par exemple, acheter tous les mois pour 500€ de parts d’un fonds indexé sur le CAC40 (ce qui permet d’investir facilement dans les 40 plus grands entreprises françaises).
Premier avantage : les fluctuations du marché sont ainsi lissées. Quand les cours chutent, vous continuez à investir et vous profitez des bas prix. Quand les cours grimpent, votre capital prend de la valeur !
Second avantage : vos sentiments n’ont aucune influence sur vos investissements. Vous ne paniquez pas quand les cours chutent, vous n’investissez pas de façon démesurée quand les cours grimpent.
Troisième avantage : c’est une méthode ultra simple qui nécessite peu d’efforts. Il suffit de faire un achat par mois et c’est réglé !
L’inconvénient : vous ne réaliserez pas de gros coups ou de plus values astronomiques de cette manière.
Pour résumer : cette méthode permet de limiter le risque en sacrifiant une partie de la performance. Elle s’inscrit dans une approche d’investissement à long terme, destinée à profiter de la performance moyenne des marchés (estimée à 7-8% par an).