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Au chômage avec un emprunt immobilier et une forte rentrée d’argent

31/01/2011 13 commentaires

Un lecteur, que j’appellerai F. par respect pour son anonymat, m’a contacté pour me demander mon avis sur sa situation : il est sans emploi depuis 2010, il doit continuer de rembourser son emprunt immobilier et il devrait bientôt recevoir une forte rentrée d’argent.

Voici la question de F. :

En 2009, nous avons fait, ma femme et moi, un emprunt immobilier de 200 000 euros. Aujourd’hui il nous reste environ 190 000 euros de capital à rembourser.

Courant 2010, mon employeur a mis la clé sous la porte. Je n’ai pas retrouvé de travail depuis et je suis donc au chômage. Par contre, ce mois-ci j’aurai une rentrée d’argent assez importante d’environ 110 000 euros.

Du coup, j’essaye de passer en revue les différentes possibilités qui s’offrent à moi.

Comme je suis au chômage, je suis dispensé de payer des indemnités de remboursement anticipé (IRA) et je pourrais donc utiliser des 110 000 euros pour réduire le capital restant à rembourser, réduire la durée à 7 ans et le taux moins de 3%.

Je pourrais également renégocier mon taux ou faire racheter mon prêt par une autre banque. Pensez-vous qu’une banque pourrait accepter, dans ma situation actuelle ?

J’ai également pensé à investir cet argent, en payant cash un investissement immobilier locatif par exemple.

Qu’en pensez-vous ?

Voici ma réponse :

Bonjour F.,

Comme vous vous en doutez, l’esprit de ZeroDette.com est de réduire ses dettes au maximum. Donc si j’étais dans votre situation, ma première idée serait de faire un remboursement anticipé partiel, d’autant plus si j’ai un fonds d’urgence suffisant pour vivre sans revenu pendant de nombreux mois. Mais il faut y regarder d’un peu plus près.

Premier point important : avez-vous un fonds d’urgence ?

Si vos dépenses mensuelles se montent habituellement à 2 000 euros et que vous avez 24 000 euros en réserve, vous pourrez déjà tenir 12 mois sans aucun revenu, sans rien changer à vos habitudes, même si je vous conseillerais plutôt de réduire votre train de vie (si possible) pour faire durer cette réserve plus longtemps, et en conservant votre capital de 100 000 euros.

Dans ce cas, vous avez donc 12 mois pour retrouver du travail avant d’avoir épuisé votre réserve (à voir selon votre situation si cela vous semble possible). Et dans ce cas, vous pourriez choisir de ne pas procéder au remboursement anticipé tout de suite. Avantage: si vous retrouvez du travail, vous pouvez utiliser ces 100 000 euros pour autre chose.

Deuxième point important : les autres revenus du couple. Si votre femme perçoit un revenu suffisant pour supporter l’emprunt, de toute évidence un remboursement anticipé n’est pas prioritaire. J’imagine que ce n’est pas le cas. Mais son revenu viendra prolonger d’autant la durée de vie de votre fonds d’urgence et vous laisse plus de temps pour retrouver un travail.

Troisième point important : avez-vous une assurance perte d’emploi associée à votre emprunt ? Si oui, avez-vous vérifié les délais d’activation (en général plutôt longs) et les conditions ?

En fin de compte, je dirais qu’un remboursement anticipé n’est pas vraiment judicieux dans votre situation présente. L’idéal serait d’attendre d’avoir de nouveau un travail stable et de procéder au remboursement anticipé à ce moment-là. Dans ce cas, vous ne bénéficierez plus de l’exonération d’IRA, mais vous réduirez fortement la durée de remboursement, ce qui est à mon avis plutôt positif !

Par contre, investir cet argent dans l’immobilier me semble bien trop dangereux tant que vous êtes au chômage. A votre place, j’attendrais d’y voir plus clair avant de me lancer. Et puis, comme vous vous en doutez, peu de banques vous suivront dans ce projet actuellement.

J’espère avoir pu vous aider. N’hésitez pas à me contacter en cas de question sur un point ou l’autre.

Sylvain

Que pensez-vous de ma réponse ? Auriez-vous répondu différemment ?

Je peux vous aider ! Si vous aussi vous avez une question, un problème ou une expérience à partager avec les autres lecteurs, n’hésitez pas à me contacter. Nous verrons ensemble où vous en êtes et ce que vous pouvez faire pour atteindre vos buts.

Bonne ou mauvaise dette : faites les bons choix !

09/12/2010 8 commentaires

Je n’aime pas les dettes. Mais alors pas du tout. Le nom de ce blog est plutôt très explicite à ce sujet ! Une dette peut non seulement être mauvaise pour la santé, mais en plus elle coûte souvent beaucoup d’argent. Pourtant, certaines dettes ne sont pas si mauvaises que ça, au contraire. Une bonne dette peut vous faire gagner de l’argent.

Petite explication : une bonne dette est un emprunt réaliser pour financer quelque chose qui vous permet de gagner de l’argent. Un emprunt qui rapporte, ça peut paraître bizarre, mais ça existe.

Vous pouvez emprunter de l’argent pour acheter quelque chose dont la valeur va augmenter. C’était le cas de l’immobilier par exemple ces dix dernières années par exemple : on pouvait acheter (presque) n’importe quoi, attendre un peu, revendre plus cher et empocher la plus-value.

Malta - Euros (Coins)On parle alors d’effet de levier. Ce qui signifie que, grâce à un emprunt, vous pouvez financer quelque chose :
1. que vous ne pouviez pas financer seul ,
2. qui rapporte plus d’argent que ce qu’il coûte (ou a coûté).

Par opposition, une mauvaise dette est un emprunt réalisé pour financer quelque chose qui ne vous rapporte rien. Emprunter pour acheter une télévision est l’exemple parfait de la mauvaise dette.

Attention, ce n’est pas toujours évident de faire la distinction entre une bonne et une mauvaise dette.

Je reviens sur l’exemple de l’immobilier. La valeur d’un bien immobilier augmente toujours, c’est bien connu. La pierre, c’est un investissement sans risque. C’est du solide. Sauf que c’est faux : un investissement immobilier peut s’avérer être une véritable catastrophe, même si au départ tout sembler indiquer que le succès serait au rendez-vous. Pourquoi ? Parce qu’on ne maîtrise pas tout. Aux Etats-Unis, le marché immobilier a fait un plongeon historique. Pour minimiser le risque, la meilleure solution est d’être extrêmement bien informé, que ce soit sur le marché en question, les rendements possibles, les assurances, la fiscalité, etc.

Les emprunts pour l’achat d’une voiture personnelle sont également très courants. Pourtant, à de très rares exceptions près, toutes les voitures perdent très vite leur valeur. Une voiture personnelle n’est absolument pas un investissement. Un emprunt pour l’acheter est une mauvaise dette. Par opposition, un véhicule professionnel peut, lui, être un investissement (pour un taxi par exemple) et dans ce cas il s’agit d’une bonne dette.

Mon conseil est simple : débarrassez-vous de vos mauvaises dettes si vous en avez, et ne négligez pas les possibilités d’emprunt si cela peut vous aider à gagner plus !

Creative Commons License crédit photo : marfis75

Un million de dette à seulement 22 ans

09/04/2010 3 commentaires

Incroyable ! Article publié sur le 20 minutes suisse, apparemment tiré du journal Blick (je n’ai pas réussi à retrouver l’article, il faut dire que je ne comprends pas bien l’allemand alors ça n’aide pas !).

Les chiffres sont en francs suisses : 1 millions de francs suisses font presque 700 000 euros. Comment peut-on être endetté si jeune à hauteur de 700 000 euros ? L’explication est un peu légère :

Parmi ses créanciers, on trouve des caisses maladie, des hôpitaux et plusieurs entreprises dont une firme de location de voitures. La belle y louait une limousine avec chauffeur, pour une facture de 100 000 fr.

«Tout le monde la croyait riche», explique le patron. La jeune femme s’est aussi fait conduire durant deux mois à travers toute la Suisse: «Elle voulait acheter un cheval», raconte un taxi qui figure également parmi les créanciers.

Pour expliquer sa conduite, Marion se borne à déclarer: «A l’époque j’étais bête et naïve.»

Etre « bête et naïf » quand on est jeune, je crois que nous sommes tous passés par là. Mais certainement pas jusqu’à dépenser des sommes aussi colossales ! A son âge, quelques centaines d’euros m’auraient probablement arrêté, par ma propre volonté ou celle de mon banquier.

Soit cette jeune fille était très riche à la base et personne n’a vraiment fait les contrôles d’usage (en particulier les banques), soit elle dispose d’un fort pouvoir de manipulation !

Dans quels cas un emprunt peut être bénéfique ?

04/05/2009 Aucun commentaire

Je suis tombé par hasard sur un article (en anglais) de Seth Godin, sans doute l’un des blogueurs les plus connus de la blogosphère anglo-saxonne, traitant de finances personnelles.

Seth essaye de définir les cas dans lesquels les dettes (ou emprunts) peuvent être bénéfiques et donne le conseil suivant : n’empruntez que pour financer quelque chose qui prendra de la valeur, et cite en exemple le financement de son entreprise, de son logement ou de ses études. Si je suis d’accord avec l’idée, je voudrais relativiser un peu les exemples.

  • Emprunter pour financier son entreprise : selon l’entreprise que vous créez ou possédez déjà, les cas de besoin de financement sont aussi variés que nombreux. Difficile de donner un avis général à ce sujet. Dans tous les cas, assurez-vous d’avoir étudié la rentabilité de votre projet avant de contracter un emprunt, surtout si vous vous lancez à peine dans l’aventure de la création d’entreprise.
  • Emprunter pour financer son logement : il y a quelques années, l’opinion générale était que la valeur d’un bien immobilier, que ce soit une maison, un appartement, un terrain ou autre chose, ne pouvaient qu’augmenter et que la plus value sera là lors de la revente du bien. Ce qui était a priori une certitude n’était qu’en fait de la spéculation déguisée. La crise étant passée par là, en particulier la crise immobilière, certains investisseurs enregistrent des pertes colossales. En l’état actuel des choses, mieux vaut ne pas compter sur la plus value, mais plutôt sur les rentrées d’argent qu’un investissement immobilier peut générer, par exemple parce que vous habitez dans le logement et économisez ainsi un loyer, ou bien parce que vous louez  ce logement. L’investissement locatif est d’ailleurs un sujet que j’essaierai d’aborder prochainement.
  • Emprunter pour financer ses études : votre formation initiale et vos diplômes vont en général définir quels premiers emplois vous allez occuper. Et vos premiers emplois risquent bien de dessiner le reste de votre carrière. Gardez toutefois à l’esprit que vous rembourserez cet emprunt pendant plusieurs années après la fin de vos études.

Pour toutes les autres dépenses, je préfère payer cash. Si ce n’est pas possible immédiatement, je préfère attendre plusieurs mois, voire plusieurs années (dans le cas de l’achat d’une voiture par exemple) plutôt qu’emprunter et être de nouveau endetté pendant plusieurs années.

Emprunter pour gagner plus d’argent, c’est augmenter ses revenus à long terme. Augmenter ses revenus, c’est le premier moyen d’atteindre la liberté financière et de devenir riche !

Par où commencer pour réduire ses dépenses ?

06/10/2008 25 commentaires

Je publie cet article dans le cadre de l’événement A la croisée des blogs, un projet communautaire organisé par les blogueurs francophones du développement personnel. Le thème de ce mois-ci est : comment renverser une situation désespérée ?

Imaginons que vous êtes submergé par les dettes, que vous êtes à découvert à partir du 5 de chaque mois, ou même avant, et que vous avez l’impression que vous ne vous en sortirez pas. Comme toujours, la solution passe par un constat simple : il vous faut augmenter vos revenus (ce qui n’est pas toujours immédiatement possible) et réduire vos dépenses. D’accord, mais lesquelles ?

Billets eurosSi je devais réduire mes dépenses de façon drastique du jour au lendemain, voici par où je commencerais. Vous pouvez, vous aussi, faire ce genre d’économies très facilement, faites une liste afin d’estimer combien vous pourriez économiser. L’objectif est de pouvoir se sortir d’une situation catastrophique le plus vite possible, en adoptant un mode de vie très simple. Il s’agit en quelque sorte d’activer le mode ermite.

  • Boissons : sodas, jus de fruit, bière, vin, etc. Toutes ces boissons peuvent être remplacées par de l’eau, du robinet de préférence !
  • Restaurants et fast food : interdiction absolue ! Déjeunez et dînez chez vous lorsque c’est possible, sinon préparez vos repas à l’avance et emportez les avec vous. Ceci est particulièrement efficace pour réduire le coût des repas sur votre lieu travail.
  • Câble et satellite : loin d’être indispensables, ils vous coûtent du temps et de l’argent ! Personnellement, je n’ai plus de télévision depuis 2001 et je m’en porte très bien !
  • Téléphone portable : il y a un peu plus de 10 ans, il s’agissait d’un produit de luxe. Aujourd’hui, tout le monde en a un (au moins). Produit utile ? Sans aucun doute. Indispensable ? Pas du tout ! Sauf cas particuliers bien sûr.
  • Sorties : cinéma, boîte de nuit, concert… Autant d’activités qui reviennent cher, autant à cause du prix de l’entrée que des consommations sur place ! A éviter en cas de crise !
  • Vacances : laissez tomber pour une fois les vacances au ski ou à la mer, et passez un peu de temps à découvrir votre région. Economies garanties : moins de frais d’essence, pas de frais d’hébergement, etc.

Et vous, par où commenceriez-vous ?