Accueil > Immobilier, Investissements > L’investissement immobilier locatif : calcul de rentabilité

L’investissement immobilier locatif : calcul de rentabilité

Après avoir passé en revue les bases de l’investissement immobilier locatif, je vais m’attaquer à un point plus épineux : le calcul de rentabilité. En effet, comme tout investissement, sa rentabilité est un point fondamental qui mérite beaucoup d’attention. Ne prenez pas ce calcul à la légère, sans quoi vous pourriez réaliser un investissement désastreux !

Pour commencer, assurez-vous de comprendre ce qu’est un taux de rendement. Dans le cas d’un placement sur un livret par exemple, la banque affiche un taux de rendement de 2% par an, ou 2 pour 100 par an. Cela signifie que si vous décidez de mettre 100 euros sur ce livret pendant un an, la banque vous payera 2 euros. Si vous placez 200 euros, vous recevrez 4 euros. Pour 300 euros, vous recevrez 6 euros, et ainsi de suite.

Dans le cas d’un investissement locatif immobilier, le principe est similaire. Au lieu de placer votre argent sur un livret, vous achetez un logement. Au lieu de recevoir des intérêts de la banque, vous percevez des loyers. En tant qu’investisseur, vous voudrez évidemment estimer, avant d’acheter, le taux de rendement de votre investissement. Dans le cas de l’investissement immobilier locatif, on parle de calcul de rentabilité plutôt que de taux de rendement, mais il n’y a pas, à ma connaissance, de différence entre les deux.

Il existe de nombreuses façons de réaliser ce calcul de rentabilité et chaque investisseur a sa méthode préférée. Certaines vont même jusqu’à intégrer les particularités fiscales de l’investisseur, mais je préfère laisser volontairement cet aspect de côté, car, comme je l’avais noté dans l’article précédent, la défiscalisation ne doit pas être un objectif en soi (mais plutôt la cerise sur le gâteau !). J’ai choisi de vous présenter les deux méthodes qui vous serviront le plus et qui sont, à mon avis, les plus simples à utiliser.

Le calcul de rentabilité brute

C’est la méthode utilisée par les agents immobiliers. Le taux ainsi calculé est celui que vous retrouverez éventuellement sur les annonces de vente. C’est aussi le taux le plus éloigné de la réalité, car il ne prend pas en compte les coûts liés au logement. Son avantage, c’est qu’il permet très rapidement d’avoir une idée du rendement de l’investissement, afin par exemple de comparer deux annonces. Son calcul est très simple : vous multipliez le loyer mensuel hors charges par 12 (pour avoir le revenu annuel), vous divisez ce montant par le prix d’achat du logement (tous frais inclus : frais d’agence, de notaire, etc.), et vous multipliez par 100. Dans le cas d’un logement acheté 100 000 euros et loué 500 euros par mois :

  • 500 x 12 = 6 000
  • 6 000 / 100 000 = 0.06
  • 0.06 x 100 = 6, donc le taux de rentabilité brute de cet investissement serait de 6%

Le calcul de rentabilité nette de frais et charges

Cette méthode permet d’avoir une idée plus proche de la réalité de la rentabilité de l’investissement, sans être  compliquée pour autant. Le but ici est de prendre en compte dans le calcul tous les frais et charges liés à ce logement, que l’on retire des loyers perçus. En général, on retient les coûts suivants :

  • Taxe foncière : comptez un mois de loyer si vous n’en avez aucune idée. Renseignez-vous à la mairie si nécessaire. Dans notre exemple : 500 euros.
  • Les charges non récupérables auprès des locataires : les honoraires de syndic par exemple. Variable d’un logement à un autre, renseignez vous auprès du vendeur. Dans notre exemple je n’en compte pas.
  • Les vacances locatives : il s’agit des mois pendant lesquels vous ne percevez pas de loyer, lors d’un changement de locataire. Personnellement je compte un mois par an. Pour un studio je suggèrerais même 2 mois par an. Dans notre exemple : 500 euros.
  • Assurance propriétaire non occupant (PNO) : très variable, personnellement je compte 5% du loyer annuel. Dans notre exemple : 300 euros.
  • Assurance loyers impayés : à mon avis indispensable, comptez 3% du loyer annuel. Dans notre exemple : 180 euros.
  • Frais de gestion du bien par une société : si vous confiez la gestion à une agence immobilière par exemple, comptez également les frais payés. Dans notre exemple : 0 euros, je compte gérer le bien moi-même.
  • Frais d’entretien divers : le logement aura besoin de réparations et d’entretien divers, comptez au minimum un mois de loyer. Dans notre exemple : 500 euros.

Ca a l’air compliqué mais il n’en est rien. Voyez plutôt :

  • 500 x 12 = 6 000 (loyers perçus, par an)
  • 6 000 – 500 (taxe foncière) – 500 (vacances locatives) – 300 (assurance PNO) – 180 (assurance loyers impayés) – 500 (entretien) = 4 020
  • 4 020 / 100 000 = 0,0402
  • 0,0402 x 100 = 4,02, donc le taux de rentabilité nette de frais et charges de cet investissement serait de 4,02%.

J’espère n’avoir rien oublié dans mes calculs, si vous voyez des erreurs ou des oublis n’hésitez pas à laisser un message !

Pour finir, je voudrais rappeler deux choses qui me paraissent importantes :

  • Ces calculs ne sont que des estimations, la réalité sera probablement différente ! L’immobilier comprend des incertitudes que le calcul ne peut qu’essayer d’estimer.
  • Je ne suis pas un expert financier ou expert immobilier, seulement un particulier qui s’intéresse à toutes sortes d’investissements. Encore une fois, si vous pensez qu’il y a des erreurs, n’hésitez pas à m’en faire part !
Partagez cet article :
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Scoopeo
  • Google
  • StumbleUpon
  • Technorati
  • Fuzz
  • TwitThis
  • Wikio FR


  1. xavier
    01/08/2009 à 15:22 | #1

    bonjour vous avez oublier les 11% de csg rds a payer calculer apres abattement de 30% de charges des revenu brut et qui sont redevable en novembre
    coordialement xavier

  2. edouard
    25/11/2009 à 11:53 | #2

    Bonjour,

    Je voudrais apporter un complément d’information sur la réalité de l’immobilier locatif en tant que placement.

    La rentabilité que vous calculez est exacte, d’autant plus si elle est calculée en intégrant les charges. Cette rentabilité s’appelle la RENTABILITE LOCATIVE, est n’est qu’une partie de la rentabilité globale de l’investissement utilisant l’immobilier locatif comme support de placement.

    Dans le cas d’un placement « classique»  vous mettez tous les mois une certaine somme d’argent sur un compte et vous faites travailler cette trésorerie dans le but de vous constituer un capital disponible. L’immobilier locatif est le seul placement qui va faire rentrer dans votre patrimoine dès le début de l’opération un bien d’une valeur significative puisque l’on parle de plusieurs centaines de milliers d’euros. C’est le seul placement qui va être financé à 110% par une banque (montant du bien plus les coûts liés à l’acquisition). Donc votre apport initial est nul, et vous allez faire travailler l’argent de la banque. Reste à rembourser les mensualités. Ces mensualités vont être payées en très grande partie par d’autres personnes que vous. En effet, loyers et avantages fiscaux vont financer la plus grande partie de ces mensualités. Ces deux acteurs créent un formidable effet de levier.
    Ainsi qi on compare une assurance vie par exemple, à un placement immobilier locatif cela donne ceci :

    Si vous placez 250 € par mois pendant dix ans sur une assurance vie à un taux garanti de 4% vous aurez à la fin de cette période sur votre compte environ 40 000 €. C’est le capital disponible. Par contre ce que vous vous avez réellement versé c’est 250 X 120 soit 30 000 €. Donc ce placement à créer en 10 ans 10 000 €.

    Si on regarde un placement immobilier locatif, en placant toujours 250 € par mois pendant dix ans, sans apport de départ, vous aurez à la revente du bien (en moyenne) un capital disponible (net d’impôt) de 100 000 €. Vous aurez ici également versé 30 000 €. Donc l’argent créé avec ce placement est 70 000 €. Je vous laisse calculer la rentabilité réelle de cet investissement. C’est la résultante du fameux effet de levier.
    Encore faut il s’assurer d’un certains nombre de choses dans ce type de placement.
    1. Le bien: l’emplacement, la qualité de la conception et de la construction assure du remplissage de l’appartement mais aussi de la bonne valorisation et revente du bien.
    2. la gestion locative : seul un véritable savoir faire en la matière va permettre à une boîte sérieuse de vous garantir et assurer que quoi qu’il arrive vous percevrez les loyers.
    3. Optimisation fiscale
    4. Optimisation financière : au delà des aprioris, il existe de très nombreux produits de financement qui s’adapteront plus ou moins à la situation de l’investisseur et qui optimiseront grandement le rendement de l’opération. Encore faut il confier le financement à des professionnels du financement. Les banques ne sont pas des professionnels. Ils ne cherchent qu’à vendre leurs produits à eux, indépendamment de l’optimisation du financement qui pourrait servir leur client.

    Voilà en gros comment fonctionne l’immobilier locatif en tant que placement.

  3. ninistef
    13/01/2010 à 22:09 | #3

    je suis d’accord,votre exemple est juste :rentabilité hors impôts de 4 °/° si vous investissez avec votre argent la totalité du prix du bien

    mais si vous empruntez tout à votre banque et que le locataire paie le remboursement du prêt(ou quasiment) ,il vous restera les charges et la là rentabilité est plus élevé puisque le montant investi au départ est zéro euros!

  1. Pas encore de trackbacks