Le vrai chiffre de la pauvreté en France
Après avoir lu de nombreux articles sur le chômage, la précarité, la crise et discuté de tous ces sujets avec mon entourage ou sur des blogs, je me rends compte que beaucoup (j’en fais partie) ont du mal à réaliser l’étendue réelle de la pauvreté en France. Je vous propose que nous regardions ensemble les chiffres officiels afin de ne garder que les faits et laisser de côté la mauvaise foi la politique.
Commençons par le chiffre le plus médiatisé : le nombre officiel de chômeurs. 2,7 millions de chômeurs au premier trimestre 2010, soit 9,5% de la population active, d’après l’INSEE en utilisant la méthodologie recommandée par le Bureau Internationale du Travail (BIT).
Un chômeur doit donc remplir tous ces critères :
- être un actif, c’est-à-dire ne pas être étudiant ou retraité par exemple,
- avoir plus de 16 ans,
- ne pas avoir travaillé, même une heure, pendant une semaine de référence,
- être à la recherche active d’un emploi,
- être disponible dans les quinze jours.
On se rend compte qu’un certain nombre de personnes sans emploi ne sont pas comptabilisées dans les chiffres officiels du chômage. Ceux qui ont eu une mission d’intérim, même d’une heure, par exemple. Ou bien ceux qui sont en formation professionnelle pendant plus de deux semaines et donc indisponibles pendant ce temps.
Les médias reprennent parfois les chiffres de Pôle Emploi (le remplaçant de l’ANPE, Agence Nationale Pour l’Emploi). En plus des chômeurs comptabilisés par l’INSEE selon la méthodologie du BIT, c’est-à-dire les inscrits sans activité à la recherche d’un emploi, Pôle Emploi comptabilise les inscrit exerçant une activité à temps partiel à la recherche d’un emploi, ainsi que les inscrits qui ne sont pas à la recherche d’un emploi (par exemple ceux qui sont en formation ou en maladie).
De 2,7 millions de chômeurs comptabilisés par l’INSEE, on passe alors à 4,6 millions d’inscrits à Pôle Emploi (décembre 2009).
Seulement, ce chiffre ne prend pas en compte les personnes qui ne sont pas en âge de travailler et qui dépendent financièrement de ces personnes sans emploi, c’est-à-dire en général leurs enfants et parfois des parents.
J’ai donc cherché un meilleur indicateur et j’ai trouvé le seuil de pauvreté relatif. Le seuil de pauvreté relatif est défini comme 60% du revenu médian en France. Le revenu médian est le revenu qui partage les revenus de la population en exactement deux parties : la moitié des gens gagnent plus, l’autre moitié gagne moins. Le revenu médian était de 1 513 euros en 2007, le seuil de pauvreté était donc de 60% x 1 513 = 908 euros par mois.
En 2007, 8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté relatif en France (13,4% de la population). Je vous laisse comparer ce chiffre aux 2,7 millions de chômeurs officiels.
Bien sûr, cet indicateur n’est pas parfait non plus. Par exemple, si le revenu de tous les habitants augmente de 50% (oui je sais, c’est très réaliste), le revenu médian augmentera d’autant, le seuil de pauvreté également et donc le nombre de personnes vivant sous ce seuil ne changera pas.
Pour aller plus loin, je vous invite à lire cet article très complet sur Wikipédia : Pauvreté en France



Bonjour,
Si la pauvreté est une question de ressource, et que l’on considère les indemnités chômage comme des ressources, alors le nombre de pauvre ne peut en aucun cas être corrélé au nombre de chômeurs indemnisés. En effet, je connais pas mal de chômeur indemnisés dont l’indemnités est supérieur au seuil de pauvreté (et heureusement).
Etre chômeur ne veut pas forcément être pauvre mais plutôt en situation de le devenir.
A+
nicoo
Merci pour cette éclairage. Comme à chaque fois que j’entends un chiffre en ce qui concerne le salaire, je me pose la question : on parle de net ou de brut ? Le revenu médian que tu évoques, est-il à évaluer en net ?
Dernier article de ProLire : Prolire – résumé activité Twitter n8
@nicoo
Nous sommes d’accord !
Le problème, c’est que nos élus et nos médias parlent le plus souvent du nombre de chômeurs (et du taux croissance) pour évaluer la santé économique du pays. Ce qui, à mon sens, cache une réalité bien plus noire que ce qu’on pourrait imaginer.
En parlant d’indemnités, on peut remarquer que le RSA (revenu de solidarité active) devait à l’origine (proposition de 2005) être égal au seuil de pauvreté de l’époque : 817 euros par mois. En fin de compte, il est de 460 euros en 2010 (pour un célibataire sans enfant).
@ProLire
Merci d’avoir souligné ce point !
En fait, on parle du revenu disponible après redistribution, c’est-à-dire après prise en compte des principales prestations sociales et paiement des impôts directs. Une description plus détaillée de la méthodologie est disponible dans ce document : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/revpmen09b.PDF
Donc c’est un revenu net !
Merci pour la précision.
Quand on parle d’impôt direct, il faut compter l’impôt sur le revenu ??
(cela fait une légère différence…)
Enfin, vu qu’il y a aussi des compensations liées à l
Dernier article de ProLire : Le premier des objectifs
@ProLire
Il manque une partie de ton commentaire, j’imagine que tu parlais de l’impôt. Si je me trompe dis-le moi
Il s’agit bien de l’impôt sur le revenu, mais aussi de la taxe d’habitation et de l’ISF par exemple.
Yep, j’ai pas compris pourquoi.
Je voulais dire qu’en plus d’enlever les impôts, il y a aussi la prise en compte de la situation familiale semble-t-il, ce qui rend le calcul assez compliqué pour faire une comparaison avec les chiffres indiqués.
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Ca peut paraître logique, mais dans vos critères qui permettent de définir un chômeur, vous pouvez ajouter :
« Être un actif» (ne pas être étudiant, retraité etc…)
Dernier article de Faire des économies : Économisez tout en dépensant -
@ProLire
Je suis d’accord avec toi, c’est loin d’être évident de s’y retrouver dans cette jungle de chiffres, de critères et de définitions. Mais je dois dire que le seuil de pauvreté relatif est l’indicateur qui me semble le plus complet. Peut-être en connais-tu un autre plus adapté ?
@Faire des économies
Merci pour cette précision. Je pense que ce critère est repris dans « être à la recherche active d’un emploi» , mais je le rajoute pour plus de clarté.