Immobilier : mise-à-jour des courbes de Friggit de juillet 2010
Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, un petit rappel : Jacques Friggit est un économiste du Conseil général de l’environnement et du développement durable. Il publie un certain nombre de statistiques liées à l’évolution des prix immobiliers.
Une mise-à-jour vient d’être publiée par Jacques Friggit. Elle est particulièrement intéressante puisqu’elle révèle l’évolution du montant total des transactions immobilières au premier trimestre 2010 ainsi que l’évolution de l’indice du prix des logements par rapport aux revenus des ménages en juin 2010.
Voici les courbes publiées dans le document 1.1. Graphiques sur longue période, sous le point 2.1. Prix des logements et montant des transactions (vous pouvez également télécharger le document original). Cliquez sur l’image pour l’agrandir.
Première lecture : l’immobilier repart à la hausse, tant au niveau des prix (courbe noire) que du nombre de ventes (courbe verte). Vraiment ?
Attardons-nous un peu sur la courbe noire : il s’agit de l’indice du prix des logements anciens par rapport au revenu disponible par ménage. Cette courbe évolue donc selon deux paramètres : le prix des logements et le revenu des ménages. Si le prix augment et le revenu reste le même, la courbe monte. Si le prix reste le même et le revenu diminue, la courbe monte également. Ou encore : si le prix augment plus vite que le revenu des ménages, alors la courbe monte. Et si cette courbe monte, cela signifie que les ménages perdent une partie de leur pouvoir d’achat immobilier.
Malheureusement je n’ai pas trouvé de chiffre officiel récent au sujet de l’évolution du revenu disponible des ménages. Ceci dit, avec un taux de chômage record et une situation économique plutôt mauvaise, j’imagine que le revenu disponible des ménages n’a pas augmenté ces derniers temps. Si vous savez où trouver des données actualisées, n’hésitez pas à m’en faire part ! Ma supposition est donc que les prix de vente de logements anciens ont augmenté ces derniers mois, mais pas autant que la courbe noire pourrait le faire croire.
En ce qui concerne la courbe verte, elle montre que le nombre de ventes et les prix de vente ont augmenté. Ceci dit, on est encore loin des sommets atteints il y a quelques années. On peut d’ailleurs noter que la courbe est au niveau qu’elle avait atteint en 1999.
L’immobilier repart à la hausse ? Apparemment oui, en tout cas pour le moment, mais les perspectives pour l’avenir sont bien sombres. C’est une mauvaise nouvelle pour les ménages, qui voient leur pouvoir d’achat immobilier diminuer à nouveau. Avec un taux de chômage qui peine à se stabiliser et des prix qui augmentent un peu partout, je ne vois pas comment les ménages pourront soutenir la reprise du marché immobilier.
Mais dans ce cas, qui achète ? Ce sont les investisseurs, ceux qui ont déjà un logement et qui achètent dans le but de louer à quelqu’un d’autre (il s’agit de l’investissement locatif). C’est d’ailleurs un des points que montrait la note de conjoncture des notaires en avril 2010. En 2008, 56% des achats immobiliers étaient effectués par ceux qui aller occuper le logement (les accédants) et 44% étaient réalisés par des investisseurs. En 2009, seulement 35% des achats étaient effectués par des accédants et 65% par des investisseurs ! Un sacré retournement de tendance !
C’est pourquoi je continue de penser que la situation actuelle du marché immobilier est une aberration d’un point de vue économique. Les prix sont déconnectés de la réalité économique : c’est ce qu’on appelle une bulle. Et toutes les bulles finissent par éclater !




La courbe de Friggit est très intéressante, mais elle ne peut pas tout expliquer. Notamment le report des investisseurs de la bourse vers l’immobilier, cad le transfert d’énormes capitaux d’un secteur à l’autre.
C’est ce qui explique actuellement le maintien, sinon la hausse des prix. Ce n’est pas une aberration économique, seulement le résultat de l’offre et de la demande.
Dernier article de jcm : Vente maison 69420 CONDRIEU – CIMM IMMOBILIER ANNONAY – ARDECHE VERTE
@jcm
Ce que vous dites est exact, on peut supposer que les turbulences sur les marchés financiers ont poussé certains investisseurs à transférer leurs capitaux vers le marché immobilier.
Ceci dit, je continue de penser qu’il s’agit d’une aberration économique, dans le sens où, d’après moi, le prix de la chose n’est plus lié ni à sa rareté (la pénurie de logements est un mythe), ni à son rendement (les loyers n’ont pas suivi la même hausse, du coup les rendements des investissements immobiliers locatifs ont fortement baissé).
Je ne vois pas ce qu’on paye, à part l’espoir de faire une plus value, ce qui est peut-être encore possible, mais jusqu’à quand ?
La note de conjoncture des notaires parle des logements neufs pour lesquels il y a effectivement en 2009 65 % d’investisseurs pour 35 % d’accédants. Et dû au fait d’un manque de mise en chantier, ils anticipaient une montée des prix dans le neuf.
Le retournement de tendance est donc clairement lié aux avantages fiscaux offerts (la note parle du dispositif Scellier) et peut-être aussi au fait que pour les accédants, les prix du neuf sont totalement aberrants puisqu’adaptés pour de la défiscalisation…
Les accédants en neuf se sont donc rabattus sur l’ancien d’où cette montée des prix dans l’ancien… ca reste une hypothèse
Dernier article de Seb : L’habitation principale – actif ou passif
@Seb
Merci d’avoir publié cette petite analyse. Donc que ce soit dans l’ancien ou dans le neuf, les primo accédants sont dans une situtation difficile. C’est dommage
La courbe de Friggit est très intéressante, mais elle ne peut pas tout expliquer. Notamment le report des investisseurs de la bourse vers l’immobilier
Je suis assez d’accord.
Mais étant donné la décorrélation entre la situation de l’immobilier actuelle et le pouvoir d’achat des ménage la demande immobilière provenant de sociétés et particuliers étrangers n’est elle pas à prendre en compte notamment sur paris et la côte d’azur ?
C’est une vrai question et je serai très intéressé par l’ampleur du phénomène.
Dernier article de diagnostic immobilier obligatoire : Immobilier les prix du neuf en france en 2009
Tout à fait d’accord avec cette analyse: les prix sont déconnectés de la réalité économique. Cette situation dure plusieurs années et tout le monde s’y est habitué, au point de trouver cela normal. Tout comme, il y a encore quelques mois, avant la crise grecque, tout le monde s’était habitué et trouvait normal le surendettement des Etats. On a vu le retournement brutal des marchés sur cette question.
De la même façon, il est fort probable que l’immobilier connaisse dans les prochaines années, un violent retour aux réalités. Et là, tout le monde se dira « oui, c’était évident, le marché était surestimé, ça ne pouvait pas durer comme ça» ….Il en est de même après l’explosion de toute bulle. Le plus difficile n’est pas de savoir si cela va arriver ou non, c’est de prévoir quand cela va arriver. Dans 6 mois? Dans 1 an? Dans 5 ans?
« Notamment le report des investisseurs de la bourse vers l’immobilier»
Avec le climat social et financier actuel plutôt tendu,la bourse fait peur! la pierre est plus rassurante!
Dernier article de bourse tendance : Cesar – CA premier trimestre 2010-2011
Tout à fait d’accord, completement ouf et déconnecté.
Surtout à Paris.
C’est même de la frenesie je trouve, il n’y qu’à voir la presse! Or la veille de frenesie , c’est toujours avant une chute. Mais pk quand? L’investissement locatif reste-il une bonne affaire sur le long terme?
Dernier article de Fabrice : Festival des Globe-trotters