Crise immobilière : le point à fin avril 2010

En octobre 2008, je commentais le début de la chute des prix de l’immobilier, avec une satisfaction à peine dissimulée ;-) Où en sommes-nous près de 18 mois plus tard ? Je vais tenter de résumer brièvement la situation.

Malgré toutes les campagnes de communication des différents acteurs du marché, qui se sont efforcés d’essayer de convaincre les acheteurs potentiels que les prix ne baisseraient pas, les prix ont baissé en 2009. -5,6% en Ile-de-France et -3,5% en province d’après les chiffres publiés par les notaires de France, ce qui est peu en fin de compte. On parle d’une baisse de 10% depuis le début de la crise, en 2008.

En revanche, le nombre de transaction a réellement chuté, passant de plus de 800 000 ventes en 2007 à 587 000 en 2009, soit une baisse de près de 27%.

Je vous invite à vous attarder sur les statistiques de Jacques Friggit, en particulier le graphique 2.1 dans le document Graphiques sur longue période), qui décrit l’évolution des prix des logements anciens par rapport au revenu disponible des ménages. Vous pourrez constater que les prix des logements évoluaient plus ou moins au même rythme que les revenus des ménages jusque vers 2000. Ensuite c’est l’explosion et les ménages ont perdu près de 40% de leur pouvoir d’achat immobilier en moins de 10 ans.

Toutefois on constate un petit rebond sur les deux derniers trimestres sur le graphique 2.1, tant au niveau des prix (courbe noire) que des volumes de ventes (courbe verte). La crise immobilière toucherait à sa fin ? Impossible de répondre, car je ne connais pas l’avenir.

En tout cas je n’y crois pas. D’ailleurs, pour le reste de l’année 2010, si les notaires s’attendent à voir les prix se stabiliser en région parisienne, ils les voient continuer de baisser au moins jusqu’en 2011 en province.

Le chômage bat des records presque tous les mois, les marchés financiers sont toujours vivement chahutés (parfois par la crise grecque, parfois autre chose, mais les réactions sont toujours violentes) et les taux d’intérêt devraient augmenter en fin d’année. Dans ces conditions, comment penser que la situation économique est favorable au marché immobilier ?

  1. 04/05/2010 à 21:14 | #1

    Bonne résumé de la situation actuelle. Seulement, les taux des crédits immobiliers n’augmentent pas encore, cela ne sera pas le cas avant la fin d’année surement ! Quand les taux augmenteront, cela fera mécaniquement baisser les prix, et tant mieux !

    Petit calcul : préférez-vous payer 100 000 € avec des taux à 8 % ou 200 000 € avec des taux à 4 % ?
    Dernier blog article de Immobilier-danger : Location de maison : peu d’offres sur le marché

  2. 05/05/2010 à 09:27 | #2

    Merci pour cette correction, j’ai mis à jour l’article. En effet, les taux se sont pour le moment stabilisés mais ne montent pas encore. Leur remontée commencerait plutôt en fin d’année d’après les diverses analyses que j’ai lues.

    En ce qui concerne votre question, je serais assez tenté de choisir le bien à 100 000 euros ! Après un rapide calcul, et sauf erreur de ma part, le coût de cet emprunt reviendrait à un peu plus de 100 000 euros sur 20 ans. Le bien reviendrait donc à un peu plus de 200 000 euros.

    Le même bien à 200 000 euros avec un emprunt à 4% reviendrait à environ 300 000 euros, soit 100 000 euros de plus.

    En bref, il ne faut pas focaliser sur les taux d’intérêt. C’est sûr, on est toujours content d’obtenir un taux plus faible, mais c’est loin de compenser les prix exorbitants des biens et de rétablir le pouvoir d’achat immobilier des ménages !

  1. Pas encore de trackbacks
CommentLuv Enabled